Du cul au col,
Remplie,
Dense des grains foulés,
Tu joues le rythme endiablé,
La marche fiévreuse des pensées,
Passagères de ton sein grenat.
Je t’en prie,
Bouteille,
Laisse moi t’analyser
Sur le divan de mon palais.
"Creusez, creusez, il en sortira toujours quelque chose." (lgmvdt) ——— “Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un flingue, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses.” (Sergio Leone – Le Bon, la brute et le truand) ——— "Comparaison n'est pas raison" (Mamie)
Du cul au col,
Remplie,
Dense des grains foulés,
Tu joues le rythme endiablé,
La marche fiévreuse des pensées,
Passagères de ton sein grenat.
Je t’en prie,
Bouteille,
Laisse moi t’analyser
Sur le divan de mon palais.
Les synonymes
– Le sais tu ? –
Ne s’aiment pas,
Ou si peu,
Si peu que toi et moi.
Toi et moi,
L’ennui harmonieux
Et l’harmonie ennuyeuse.
Les casse-pieds,
Bonbons,
Noisettes,
Les brise-menus en tous genres,
Je suis bigrement bien
En votre compagnie de rabat-joies.
J’aime les cailloux qui roulent,
Je suis un équilibriste,
Un trompe-la-mort,
Funambule suspendu
Sur le fil de votre incontinence.
Je n’ose imaginer
Le soleil sur ma rétine foudroyée,
Tous mes neurones embrasés,
Je n’ose imaginer
Ce sourire qu’elle ne m’a pas donné.
Il a dit :
Ne vivez plus
Au-dessus des moyens
Que je vous donne.
Il a dit :
Travaillez plus,
Le travail est mon cadeau
Que d’autres n’ont pas.
Il l’a dit,
Redit,
Entonné,
Menacé,
Comme s’il avait tout dit,
Tous ses mots, sa litanie.
Je n’ai rien dit.
J’ai fait mon choix,
J’ai pris ma rue,
Mes pavés,
Ma colère.
Nous n’avons rien dit,
Juste déchu les rois.
Pas de manche sans smoking
Pas de rue sans limousine
Pas de trottoir sans groom
Pas de misère sans jet-set
Ils font semblant de s’aimer,
Les acrobates russes,
De s’aimer,
Avant de monter là-haut,
Défier le temps d’une seconde
La force du partenaire,
Son amour éphémère.
Qui va mourir aujourd’hui ?
Dans son lit,
Dans la rue
ou en Syrie ?
Entouré,
Isolé
Ou bombardé ?
Qui va mourir aujourd’hui
Ne verra pas l’année,
L’incrément ironique
Du compte-à-rebours.
Qui va mourir aujourd’hui
Et a vraiment passé
Une très bonne année ?
Ils se nourrissent,
Les uns,
Les autres,
Aimablement,
Consciencieusement.
Une loi pour toi,
La une pour moi.
Ils se nourrissent,
Se passent le plat,
Celui où tu gis,
Vulgaire salsifis !
Tout va trop vite,
En besogne,
En rogne,
En cogne.
Les essaims me frôlent,
Insaisissables,
M’attisent,
Me déboulonnent.
Je penche à Pise,
Et me noie à Venise.
La lagune est verte,
Les canaux lacrymaux,
Remplis de charognes obscènes
Et d’amours mortes décomposées.
Ça sent la fin,
La fin des choses,
La fin des gens,
La fin des mots.
Besogne ! Rogne ! Cogne !