Je reviens du passé,
Pas si simple,
Pas si parfait,
Tu m’en avais parlé
Avec des mots mensongers.
Je reviens du passé,
À quoi bon ?
J’y ai perdu mes illusions.
"Creusez, creusez, il en sortira toujours quelque chose." (lgmvdt) ——— “Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un flingue, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses.” (Sergio Leone – Le Bon, la brute et le truand) ——— "Comparaison n'est pas raison" (Mamie)
Je reviens du passé,
Pas si simple,
Pas si parfait,
Tu m’en avais parlé
Avec des mots mensongers.
Je reviens du passé,
À quoi bon ?
J’y ai perdu mes illusions.
Ne pas renoncer.
Les mots,
Parfois,
Sont ridicules,
Comme une GUIRLANDE
En majuscule.
C’est la théorie,
Le jeu des concepts moqueurs
Et des miroirs déformants.
C’est la théorie qui chante
Pour imposer ses notes.
C’est la théorie qui brille
Et nous aveugle en hurlant.
Là-haut, sur son trône,
Son cul gras nous cache
Son assise honteuse,
Ses axiomes rongés
Par les vers de l’envie.
La moustache est grise,
Les cheveux aussi.
Les joues sont creusées,
La tombe aussi,
À coups de pelle rageurs.
La moustache est grise,
Combien de grains de riz,
Un jour,
Y ont été piégés ?
Je n’irai pas voir,
La ligne est trop droite,
La baïonnette trop pointue.
Je n’irai pas,
À un jet de balle,
Cueillir les morts,
Compter les corps.
Je n’y crois plus,
Je sais, c’est mal,
Tellement banal,
Je n’ai plus de larmes,
Plus rien ne m’alarme.
Et toi, qu’as-tu vu ?
À travers la bâche,
Fripée,
Crevassée,
Ton sourire diffracté m’enchante.
Mais voilà que je m’inquiète :
Sans le prisme pétrolier,
Va-t-elle se dissiper,
La magie de l’imagerie ?
Va-t-elle dévoiler
Mon besoin d’imaginer ?
Je n’ai pas bien compris,
Je crois,
Les tenants et les mortaises,
Ce travail de charpentier.
Je n’ai pas bien compris
La croix,
Et j’ai fumé tout l’encens
En suivant mes étoiles.
Je suis un triste sire,
Une salopette éventrée,
Je n’ai rien compris
Mais je dis beaucoup
Soyez optimistes !
Je suis un triste sire,
Un humaniste sédimenté
Sous les couches de crasse.
Je suis un triste sire,
Sous la croûte je cache
Mon cœur noir et inquiet.
Il ne tient pas compte
Des petites coupures,
Des plaies d’argent,
De l’or en barre.
C’est un beau vicomte,
Très grosse voiture,
Montre en diamant
Et gros bâtard.
Pleine lune,
Je voudrais hurler,
Figer le sang
Et boucher les artères
De nos villes grimées.
Pleine lune,
Où es-tu ma meute,
Mon horizon barré
D’un rayon écarlate ?